{"id":315,"date":"2021-01-17T18:53:09","date_gmt":"2021-01-17T17:53:09","guid":{"rendered":"http:\/\/www.paramedical-brunard.com\/?p=315"},"modified":"2021-01-17T18:55:19","modified_gmt":"2021-01-17T17:55:19","slug":"mal-de-dos-bouger-pour-se-soigner","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.paramedical-brunard.com\/?p=315","title":{"rendered":"Mal de dos: Bouger pour se soigner"},"content":{"rendered":"\n<p>Le mal de dos est si fr\u00e9quent qu\u2019il est qualifi\u00e9 de \u00ab&nbsp;mal du si\u00e8cle&nbsp;\u00bb. Le plus souvent, la douleur dispara\u00eet spontan\u00e9ment en quelques jours ou quelques semaines. Mais, chez une minorit\u00e9 de personnes, elle persistera et \u00e9voluera vers la chronicit\u00e9. Cette installation de la douleur est li\u00e9e \u00e0 des fausses croyances et des craintes infond\u00e9es. Alors que le mouvement est le meilleur traitement, environ 45&nbsp;% des Fran\u00e7ais estiment qu\u2019il faut du repos. Bouger peut para\u00eetre paradoxal pour les personnes bloqu\u00e9es par un mal de dos. Et pourtant, la litt\u00e9rature scientifique l\u2019affirme&nbsp;: l\u2019alitement prolong\u00e9 et l\u2019inactivit\u00e9 ne feront qu\u2019aggraver les douleurs. Il faut se remettre en mouvement le plus vite possible et progressivement.<\/p>\n\n\n\n<p>Deuxi\u00e8me motif de consultation chez le m\u00e9decin g\u00e9n\u00e9raliste, le mal de dos est l\u2019un des troubles les plus fr\u00e9quents. Derri\u00e8re ce terme se cachent en r\u00e9alit\u00e9 plusieurs maux. En effet, la douleur peut toucher la nuque ou le haut du dos mais, g\u00e9n\u00e9ralement, ce sont les vert\u00e8bres lombaires qui font souffrir (lombalgie). L\u2019intensit\u00e9 des douleurs diff\u00e8re selon les individus et n\u2019est pas synonyme de gravit\u00e9. D\u2019ailleurs, dans la tr\u00e8s grande majorit\u00e9 des cas, la lombalgie n\u2019est pas le signe d\u2019une maladie grave sous-jacente. On parle alors&nbsp;de lombalgie commune.&nbsp;Neuf fois sur dix, elle dispara\u00eet spontan\u00e9ment en moins de 4 \u00e0 6&nbsp;semaines. Mais, pour environ un tiers des personnes, le mal de dos r\u00e9cidivera. Chez une personne sur dix, la douleur persistera au-del\u00e0 de 3&nbsp;mois et deviendra chronique.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Un mal encore difficile \u00e0 cerner<\/h3>\n\n\n\n<p>Les causes exactes des douleurs lombaires ne sont pas totalement \u00e9lucid\u00e9es, et de nombreuses hypoth\u00e8ses ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9faites ces derni\u00e8res ann\u00e9es. L\u2019apparition d\u2019une lombalgie commune aigu\u00eb&nbsp;est volontiers mise en relation avec un mouvement ou un effort inhabituel, ou encore le port d\u2019une charge un peu lourde. En r\u00e9alit\u00e9, la plupart des \u00e9pisodes surviennent sans \u00e9l\u00e9ment d\u00e9clenchant ou lors d\u2019un mouvement d\u00e9j\u00e0 fait des milliers de fois sans jamais poser de probl\u00e8me. La fragilit\u00e9 du dos est aussi g\u00e9n\u00e9ralement mise en avant. Nerfs coinc\u00e9s, vert\u00e8bres d\u00e9plac\u00e9es, disques vert\u00e9braux us\u00e9s, etc. Toutes ces explications souvent \u00e9voqu\u00e9es par les patients, et des professionnels de sant\u00e9, sont des id\u00e9es fausses.&nbsp;<em>\u00ab&nbsp;La colonne vert\u00e9brale est l\u2019une des parties les plus solides de notre corps. Elle ne s\u2019ab\u00eeme pas parce qu\u2019on la sollicite,<\/em> explique le&nbsp;Dr&nbsp;Florian Bailly, rhumatologue et m\u00e9decin de la douleur \u00e0 l\u2019h\u00f4pital de la Piti\u00e9-Salp\u00eatri\u00e8re, \u00e0 Paris.<em>&nbsp;Il n\u2019est pas possible aujourd\u2019hui de d\u00e9finir une cause unique aux douleurs lombaires. Elles r\u00e9sultent de nombreux facteurs imbriqu\u00e9s que nous ne connaissons pas pr\u00e9cis\u00e9ment.&nbsp;\u00bb <\/em>Parmi les facteurs connus, on peut par exemple citer les contractures musculaires, la hernie discale ou encore l\u2019\u00e9puisement professionnel.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">On met, \u00e0 tort, tout son corps \u00e0 l\u2019arr\u00eat<\/h3>\n\n\n\n<!--nextpage-->\n\n\n\n<p>Pour beaucoup, le premier r\u00e9flexe est de \u00ab&nbsp;laisser le dos se reposer&nbsp;\u00bb et d\u2019attendre que le lumbago disparaisse, mais rester allong\u00e9 et limiter ses activit\u00e9s quotidiennes, voire professionnelles, n\u2019est pas efficace. Bien au contraire. <em>\u00ab&nbsp;Il y a 40 ou&nbsp;50 ans, l\u2019alitement \u00e9tait pr\u00e9conis\u00e9 en cas de lombalgie. Mais des \u00e9tudes s\u00e9rieuses ont montr\u00e9 au d\u00e9but des ann\u00e9es 1990 que les patients qui se reposaient seulement un ou deux jours r\u00e9cup\u00e9raient plus vite que ceux qui restaient alit\u00e9s durant plusieurs jours ou semaines&nbsp;\u00bb<\/em>, indique le&nbsp;Pr&nbsp;Emmanuel Coudeyre, chef du service de m\u00e9decine physique et de r\u00e9adap\u00adtation au CHU de Clermont-Ferrand. Entre 3 et 12&nbsp;semaines apr\u00e8s l\u2019apparition du lumbago, l\u2019intensit\u00e9 des douleurs et l\u2019invalidit\u00e9 chez les patients alit\u00e9s sont plus \u00e9lev\u00e9es que chez ceux qui ont poursuivi leurs activit\u00e9s quotidiennes. En cons\u00e9quence, le repos et surtout l\u2019alitement prolong\u00e9 favorisent la chronicisation des douleurs lombaires. D\u00e8s lors, le mouvement et la reprise d\u2019une activit\u00e9 physique le plus rapidement possible sont devenus les nouveaux paradigmes de prise en charge de la lombalgie.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Le cercle vicieux de la douleur<\/h2>\n\n\n\n<p>La peur du mouvement entretient les douleurs et compromet la gu\u00e9rison.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/im.qccdn.fr\/node\/decryptage-mal-de-dos-bouger-pour-se-soigner-86523\/inline-66015.jpg\" alt=\"Sch\u00e9ma mal de dos\" title=\"Sch\u00e9ma mal de dos\"\/><\/figure>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Pourquoi faut-il bouger\u2009?&nbsp;<\/h2>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Pour profiter d\u2019un effet antidouleur&nbsp;<\/h3>\n\n\n\n<p>Lors de l\u2019exercice physique, les neurones produisent des endorphines, des hormones antidouleurs, mais aussi de la s\u00e9rotonine, la mol\u00e9cule dite de l\u2019\u00e9nergie et de l\u2019\u00e9veil. Ces mol\u00e9cules ont des propri\u00e9t\u00e9s analg\u00e9siques&nbsp;: elles sont capables d\u2019inhiber la transmission de l\u2019influx nerveux douloureux. Ces messagers chimiques agissent \u00e9galement sur le mental et am\u00e9liorent l\u2019\u00e9tat de bien-\u00eatre g\u00e9n\u00e9ral. En outre, l\u2019activit\u00e9 physique a des effets anti-inflammatoires locaux. Lors d\u2019un effort, des mol\u00e9cules sont s\u00e9cr\u00e9t\u00e9es et viennent contrer les substances pro-inflammatoires qui augmentent la sensibilit\u00e9 des nerfs. Ces b\u00e9n\u00e9fices mettent du temps \u00e0 se faire sentir. Au d\u00e9but de la pratique de l\u2019exercice physique ou de la reprise des activit\u00e9s quotidiennes, la douleur peut m\u00eame \u00eatre exacerb\u00e9e. Mais cela n\u2019est pas le signe d\u2019une aggravation, et il ne faut pas aban\u00addonner. Dans quelques jours, les r\u00e9compenses seront l\u00e0.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Pour lutter contre le d\u00e9conditionnement<\/h3>\n\n\n\n<p><em>\u00ab&nbsp;Moins vous en ferez, et moins vous en ferez, car moins vous solliciterez une articulation, plus elle va se raidir, se d\u00e9stabiliser par insuffisance musculaire et plus elle sera douloureuse&nbsp;<\/em>\u00bb, d\u00e9clare le Pr&nbsp;Fran\u00e7ois Rannou, chef du service de r\u00e9\u00e9ducation et de r\u00e9adaptation de l\u2019appareil locomoteur et des pathologies du rachis \u00e0 l\u2019h\u00f4pital Cochin, \u00e0 Paris.&nbsp;De fait, le repos prolong\u00e9 entra\u00eene un d\u00e9conditionnement physique. Les muscles perdent en endurance, en souplesse et en force, les articulations se raidissent, le risque de d\u00e9pression augmente, ce qui entretient les douleurs. Chez les seniors, l\u2019alitement est encore plus d\u00e9l\u00e9t\u00e8re&nbsp;: ils perdent environ 1,5 kg de muscles en dix jours en cas de repos forc\u00e9&nbsp;! Ils s\u2019affaiblissent donc rapidement et \u00e9prouveront de grandes difficult\u00e9s \u00e0 reprendre leurs activit\u00e9s quotidiennes. Aussi, en cas de lombalgie aigu\u00eb, il est pr\u00e9conis\u00e9 de vivre le plus normalement possible d\u00e8s que la douleur s\u2019att\u00e9nue pour \u00e9viter ce d\u00e9conditionnement.&nbsp;<br>Ce dernier est souvent d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9sent chez les patients lombalgiques chroniques. Ils pr\u00e9sentent fr\u00e9quemment des raideurs au niveau des jambes, qui peuvent entraver la bascule du bassin, ce qui accentue les douleurs dans le bas de la colonne vert\u00e9brale. L\u2019enjeu est alors de les reconditionner \u00e0 l\u2019effort afin qu\u2019ils regagnent en souplesse et mobilit\u00e9. Pour cela, la pratique r\u00e9guli\u00e8re d\u2019exercices physiques est primordiale, en plus des activit\u00e9s quotidiennes. L\u2019effort visera \u00e0 am\u00e9liorer le fonctionnement du c\u0153ur et des poumons, \u00e0 d\u00e9velopper et renforcer tous les muscles, en particulier ceux du dos comme les muscles extenseurs du rachis qui longent toute la colonne vert\u00e9brale.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Pour contrer la peur du mouvement<\/h3>\n\n\n\n<p>Lorsqu\u2019une douleur s\u2019installe, il est normal d\u2019avoir peur de l\u2019exacerber en faisant certains mouvements. Mais si cette crainte persiste, elle menace le r\u00e9tablissement. C\u2019est ce qu\u2019on appelle la kin\u00e9siophobie (voir encadr\u00e9 ci-dessus). Chez les patients lombalgiques chroniques, ce ph\u00e9nom\u00e8ne est un des principaux freins \u00e0 la gu\u00e9rison. <em>\u00ab&nbsp;Les patients deviennent hypervigilants et anticipent tous leurs gestes et \u00e9ventuelles sensations douloureuses.&nbsp;En cons\u00e9quence, ils \u00e9vitent certains mouvements, modifient leur fa\u00e7on de bouger, contractent inconsciemment tous les muscles du tronc pour prot\u00e9ger ce dos qu\u2019ils pensent fragile. Or ce m\u00e9canisme g\u00e9n\u00e8re un cercle vicieux et renforce la lombalgie&nbsp;\u00bb<\/em>, d\u00e9crit&nbsp;le&nbsp;Dr&nbsp;Bailly. En effet, de nombreux travaux rapportent que les patients lombalgiques sollicitent davantage leur sangle abdominale et leurs muscles lombaires pour marcher, se baisser ou ramasser un objet que les personnes n\u2019ayant pas mal au dos. Et, lorsque le mouvement s\u2019arr\u00eate, ils ne rel\u00e2chent pas leurs muscles. Cette contraction excessive accro\u00eet les tensions musculaires et entretient les douleurs.&nbsp;<br>Ce m\u00e9canisme de protection perturbe aussi le syst\u00e8me de la douleur. <em>\u00ab&nbsp;La douleur est avant tout un signal d\u2019alerte. Mais en cas de douleurs chroniques, ce syst\u00e8me de protection est d\u00e9r\u00e9gl\u00e9 et trop sensible. Le mal a \u00e9t\u00e9 m\u00e9moris\u00e9 par les circuits neuronaux, et ces derniers transmettent des messages douloureux au cerveau alors m\u00eame que la personne n\u2019a pas effectu\u00e9 de mouvement douloureux&nbsp;\u00bb<\/em>,&nbsp;explique le&nbsp;Dr&nbsp;Bailly. Pour \u00e9viter que la douleur ne se grave dans les neurones, la meilleure solution est de bouger.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Applications mobiles&nbsp;: que valent-elles&nbsp;?<\/h2>\n\n\n\n<p>Pour encourager&nbsp;les personnes lombalgiques \u00e0 bouger&nbsp;au quotidien, des applications mobiles, comme \u00ab&nbsp;Activ\u2019Dos&nbsp;\u00bb de l\u2019assurance maladie ou&nbsp;\u00ab&nbsp;Mon coach dos&nbsp;\u00bb, ont vu le jour. Ces nouveaux outils suscitent un vif int\u00e9r\u00eat, mais ont peu fait l\u2019objet d\u2019\u00e9valuations scientifiques s\u00e9rieuses.<em>&nbsp;\u00ab&nbsp;Une seule \u00e9tude randomis\u00e9e de qualit\u00e9 a compar\u00e9 une application mobile \u00e0 des conseils \u00e9crits. Elle montre qu\u2019apr\u00e8s 3&nbsp;mois de suivi, les utilisateurs de l\u2019appli d\u00e9clarent des douleurs moins intenses et une am\u00e9lioration de leurs capacit\u00e9s de mouvement par rapport \u00e0 l\u2018autre groupe&nbsp;\u00bb<\/em>, indique le Pr&nbsp;Coudeyre qui a particip\u00e9 au d\u00e9veloppement&nbsp;de \u00ab&nbsp;Mon coach dos&nbsp;\u00bb&nbsp;et de \u00ab&nbsp;eLombactif \u00bb,&nbsp;des applis encore en cours d\u2019\u00e9valuation.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Attention aux id\u00e9es fausses<\/h3>\n\n\n\n<p>\u00c0 l\u2019inverse, une petite \u00e9tude conduite aupr\u00e8s&nbsp;de 30&nbsp;patients par&nbsp;un kin\u00e9sith\u00e9rapeute rapporte que l\u2019application \u00ab&nbsp;Activ\u2019Dos&nbsp;\u00bb, promue dans tous les m\u00e9dias, apporte peu de b\u00e9n\u00e9fices. Il constate, en effet, qu\u2019apr\u00e8s un mois d\u2019utili\u00adsation, ni les douleurs&nbsp;ni les capacit\u00e9s fonctionnelles des patients n\u2019ont \u00e9t\u00e9 am\u00e9lior\u00e9es, qu\u2019elle soit utilis\u00e9e seule ou en plus de la kin\u00e9sith\u00e9rapie.&nbsp;En outre, il rel\u00e8ve que&nbsp;l\u2019appli v\u00e9hicule des messages <em>\u00ab&nbsp;paradoxaux, tant\u00f4t &nbsp;rassurants et&nbsp;tant\u00f4t inqui\u00e9tants&nbsp;\u00bb<\/em>. Elle mart\u00e8le aussi de fausses croyances en affirmant que rester avachi dans son canap\u00e9 comprime les disques intervert\u00e9braux&nbsp;ou que <em>\u00ab&nbsp;les mauvaises postures sont responsables du mal de dos&nbsp;\u00bb<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Comment bouger&nbsp;?<\/h2>\n\n\n\n<p>D\u00e8s que la douleur diminue, il faut se remettre en mouvement. Si besoin, la prise d\u2019antalgiques, et en premier lieu de parac\u00e9tamol (ne pas d\u00e9passer 3&nbsp;g par 24&nbsp;heures en autom\u00e9dication, 4&nbsp;g sur avis m\u00e9dical), est recommand\u00e9e pour faciliter la reprise des activit\u00e9s. Pour commencer, marcher \u00e0 son domicile suffit. Puis progressivement, vous pouvez descendre les escaliers, vous promener, faire vos courses, etc. Bref, refaire des gestes du quotidien permet de venir \u00e0 bout d\u2019une lombalgie aigu\u00eb. En ce qui concerne la lombalgie chronique ou r\u00e9cidivante, la mise en place d\u2019un suivi avec un kin\u00e9sith\u00e9rapeute, ou une \u00e9quipe multidisciplinaire lorsque la lombalgie est devenue un r\u00e9el handicap, peut s\u2019av\u00e9rer n\u00e9cessaire et b\u00e9n\u00e9fique.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">R\u00e9apprendre avec le kin\u00e9sith\u00e9rapeute<\/h3>\n\n\n\n<p>Les th\u00e9rapies de kin\u00e9sith\u00e9rapie seules comme le massage, par exemple, n\u2019ont pas montr\u00e9 leur efficacit\u00e9 \u00e0 long terme pour soulager la lombalgie. Elles peuvent att\u00e9nuer la douleur, d\u00e9tendre les muscles, mais les b\u00e9n\u00e9fices ne seront que de courte dur\u00e9e. Les techniques ayant fait leurs preuves font appel \u00e0 la participation active des patients et \u00e0 la r\u00e9alisation d\u2019exercices supervis\u00e9s de renforcement musculaire et d\u2019assouplissement.&nbsp;<br>Le r\u00f4le du kin\u00e9sith\u00e9rapeute est aussi de lutter contre la kin\u00e9siophobie. <em>\u00ab&nbsp;L\u2019un des premiers objectifs est de montrer au patient qu\u2019il peut bouger sans exacerber ses douleurs et que le mouvement n\u2019est en rien responsable de son mal de dos. On cherche ensemble des mouvements non douloureux. Par exemple, s\u2019il n\u2019arrive pas \u00e0 ramasser un objet en \u00e9tant debout, je vais lui proposer d\u2019essayer de le faire assis&nbsp;\u00bb<\/em>,&nbsp;explique Vincent Girod, kin\u00e9sith\u00e9rapeute. Puis, une fois que le seuil de douleur est tol\u00e9rable, des exercices dits de proprioception peuvent \u00eatre propos\u00e9s pour am\u00e9liorer l\u2019\u00e9quilibre, mais aussi renforcer les muscles. <em>\u00ab&nbsp;Le patient va par exemple soulever des objets de plus en plus lourds, puis les relever au-dessus de sa t\u00eate&nbsp;\u00bb<\/em>, illustre ce professionnel.&nbsp;<br>En revanche, contrairement \u00e0 une id\u00e9e re\u00e7ue tr\u00e8s courante et une pratique encore r\u00e9pandue, le gainage, ou renforcement des muscles abdominaux, est loin d\u2019\u00eatre le meilleur exercice. <em>\u00ab&nbsp;On a longtemps pens\u00e9 que la lombalgie \u00e9tait li\u00e9e \u00e0 une d\u00e9ficience abdominale. Or il est \u00e9tabli que cela n\u2019est pas la cause mais la cons\u00e9quence du mal de dos. D\u2019ailleurs, les athl\u00e8tes et les grands sportifs ne sont pas exempts de lombalgie&nbsp;\u00bb<\/em>,&nbsp;d\u00e9crypte Vincent Girod. Le gainage est efficace comme tout autre type d\u2019exercice, et il ne saurait suffire.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Suivre un programme de r\u00e9\u00e9ducation<\/h3>\n\n\n\n<p>Pour les patients chroniques les plus lourdement atteints et handicap\u00e9s par leur lombalgie, notamment ceux en arr\u00eat de travail de longue dur\u00e9e, des programmes de r\u00e9\u00e9ducation de plusieurs jours \u00e0 plusieurs semaines existent. Organis\u00e9s par les services hospitaliers, ils offrent une prise en charge multidisciplinaire articul\u00e9e autour de m\u00e9decins de r\u00e9\u00e9ducation, de kin\u00e9sith\u00e9rapeutes mais aussi d\u2019ergoth\u00e9rapeutes, de psychologues et parfois d\u2019enseignants en activit\u00e9 physique adapt\u00e9e (APA). L\u2019accent est mis sur l\u2019\u00e9ducation th\u00e9rapeutique pour lutter contre la kin\u00e9siophobie et apprendre \u00e0 mieux g\u00e9rer sa douleur au quotidien. Les patients sont aussi initi\u00e9s \u00e0 des activit\u00e9s physiques vari\u00e9es pour les r\u00e9entra\u00eener \u00e0 l\u2019effort. <em>\u00ab&nbsp;Notre objectif est de promouvoir leur autonomie et de les aider \u00e0 retourner vers l\u2019emploi&nbsp;\u00bb<\/em>, r\u00e9sume Arthur Placenti, enseignant en APA au service de rhumatologie de l\u2019h\u00f4pital de la Piti\u00e9-Salp\u00eatri\u00e8re, \u00e0 Paris.<br>Les patients peuvent \u00eatre dirig\u00e9s vers ces programmes par leur m\u00e9decin traitant, le m\u00e9decin du travail, le rhumatologue ou encore un m\u00e9decin de m\u00e9decine physique et de r\u00e9adaptation. Plus d\u2019une soixantaine de centres \u00e0 travers le pays proposent ces s\u00e9jours, qui sont pris en charge par la S\u00e9curit\u00e9 sociale et les mutuelles.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Choisir l\u2019activit\u00e9 qui vous pla\u00eet<\/h3>\n\n\n\n<p>Dans la vie quotidienne, il est primordial de lutter contre la s\u00e9dentarit\u00e9. Marcher pour aller faire ses courses, prendre les escaliers, se lever de son fauteuil au moins 5&nbsp;minutes toutes les heures pour faire quelques pas et s\u2019\u00e9tirer\u2026 Chaque petit geste compte. \u00e0 votre bureau, vous pouvez aussi troquer votre si\u00e8ge contre une Gym&nbsp;Ball, un grand ballon d\u2019\u00e9quilibre ergonomique qui permet de renforcer les muscles du tronc en douceur et de mani\u00e8re ludique.<br>En parall\u00e8le, la pratique r\u00e9guli\u00e8re d\u2019exercice physique est tout aussi importante. Et le choix est vaste. <em>\u00ab&nbsp;Aucune activit\u00e9 physique n\u2019est contre-indiqu\u00e9e ou interdite aux patients lombalgiques. Et rien ne prouve qu\u2019un sport soit plus efficace qu\u2019un autre. L\u2019important est que les patients choisissent une activit\u00e9 qu\u2019ils auront plaisir \u00e0 pratiquer r\u00e9guli\u00e8rement&nbsp;\u00bb<\/em>, assure le Pr&nbsp;Coudeyre. Dans le service de rhumatologie de l\u2019h\u00f4pital de la Piti\u00e9-Salp\u00eatri\u00e8re, les patients pratiquent la boxe, par exemple. Le yoga, le ta\u00ef-chi ou encore le pilates ont d\u00e9montr\u00e9 leur efficacit\u00e9 pour apaiser les douleurs, am\u00e9liorer la mobilit\u00e9 du rachis ou encore diminuer le stress. Pour autant, ces b\u00e9n\u00e9fices ne sont pas propres \u00e0 ces activit\u00e9s, mais sont le fait de tous les exercices physiques. Tout est donc possible, \u00e0 condition de ne pas tenter un exercice trop exigeant d\u00e8s le d\u00e9but et d\u2019y aller progressivement. La douleur, si elle est pr\u00e9sente durant l\u2019exercice, doit rester tol\u00e9rable. Dans le cas o\u00f9 vous d\u00e9marrez une activit\u00e9 que vous n\u2019aviez jamais pratiqu\u00e9e auparavant, n\u2019h\u00e9sitez pas \u00e0 vous inscrire \u00e0 un cours collectif ou \u00e0 vous entra\u00eener avec un coach afin que ces professionnels puissent corriger vos mouvements et s\u2019assurer qu\u2019il n\u2019y a pas de risque de blessure ou d\u2019aggravation des douleurs. Une \u00e9tude bordelaise a, par exemple, montr\u00e9 que les nageurs effectuant mal les mouvements de la brasse ont davantage de douleurs que les personnes n\u2019ayant pas mis un pied dans un bassin.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">B\u00e9n\u00e9ficier de l\u2019activit\u00e9 physique adapt\u00e9e<\/h3>\n\n\n\n<p>Depuis 2017, les m\u00e9decins g\u00e9n\u00e9ralistes peuvent prescrire sur ordonnance l\u2019activit\u00e9 physique adapt\u00e9e (APA). Bien qu\u2019elle s\u2019adresse en priorit\u00e9 aux malades en affection longue dur\u00e9e (ALD), les patients lombalgiques peuvent aussi en b\u00e9n\u00e9ficier. Encadr\u00e9es par des professionnels de sant\u00e9 (kin\u00e9sith\u00e9rapeutes, ergoth\u00e9rapeutes) ou des enseignants en APA, ces activit\u00e9s peuvent \u00eatre r\u00e9alis\u00e9es \u00e0 l\u2019h\u00f4pital, au sein de structures communales, r\u00e9gionales ou associatives. Les professionnels et les clubs sportifs form\u00e9s \u00e0 l\u2019APA sont list\u00e9s sur le site de toutes les agences r\u00e9gionales de sant\u00e9 (ARS).<br>Pour autant, prescription ne rime pas avec remboursement. Les patients doivent donc supporter les frais \u00e0 moins d\u2019avoir la chance de vivre dans une ville qui finance le sport-sant\u00e9, comme Strasbourg ou Toulouse, ou d\u2019\u00eatre affili\u00e9s \u00e0 l\u2019une des douzaines de compl\u00e9mentaires sant\u00e9 qui remboursent l\u2019APA, sous certaines conditions. Alors m\u00eame que l\u2019activit\u00e9 physique est reconnue et recommand\u00e9e comme le premier traitement de la lombalgie, cette absence de prise en charge par l\u2019assurance maladie est anormale.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Une prise en charge \u00e9volutive<\/h2>\n\n\n\n<p>D\u00e8s que les douleurs apparaissent, on peut consulter. Le m\u00e9decin cherche \u00e0 d\u00e9terminer si la lombalgie est secondaire \u00e0 une maladie (tumeur canc\u00e9reuse, infection, inflammation, etc.) ou \u00e0 un traumatisme (fracture, tassement vert\u00e9bral, etc.).&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Pas d\u2019examen au d\u00e9but<\/h3>\n\n\n\n<p>Si aucune cause n\u2019est retrouv\u00e9e, la lombalgie est dite commune. Pour calmer&nbsp;la douleur, du parac\u00e9tamol&nbsp;ou des anti-inflammatoires non st\u00e9ro\u00efdiens (AINS) peuvent \u00eatre prescrits \u00e0 la dose efficace la plus faible&nbsp;et pour une courte dur\u00e9e. Quant aux AINS en cr\u00e8me, aux myorelaxants et aux patchs de lidoca\u00efne, ils ne sont pas recommand\u00e9s. \u00c0 ce stade, aucun examen d\u2019imagerie (radio, IRM,&nbsp;scanner, etc.) n\u2019est \u00e0 faire.&nbsp;En 2019, la Haute Autorit\u00e9&nbsp;de sant\u00e9 a rappel\u00e9 que&nbsp;l\u2019imagerie n\u2019est pas pertinente en cas de lombalgie aigu\u00eb car <em>\u00ab\u2009la pr\u00e9sence de l\u00e9sion n\u2019est pas syst\u00e9ma\u00adtiquement corr\u00e9l\u00e9e \u00e0 des&nbsp;douleurs lombaires\u2009\u00bb<\/em>.&nbsp;<br>De fait, plusieurs \u00e9tudes montrent que les personnes lombalgiques peuvent avoir une IRM normale tandis que des l\u00e9sions peuvent \u00eatre retrouv\u00e9es chez des personnes ne souffrant pas du dos. De plus, les alt\u00e9rations visibles \u00e0 l\u2019IRM n\u2019expliquent pas toujours les douleurs. Pire, les bilans d\u2019IRM truff\u00e9s de termes techniques sont contre-productifs&nbsp;: les patients passant une IRM dans les 2&nbsp;ou 3&nbsp;semaines apr\u00e8s la survenue de leur lombalgie \u00e9voluent moins bien que ceux qui n\u2019en ont pas pass\u00e9.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Si les douleurs persistent<\/h3>\n\n\n\n<p>En revanche, l\u2019IRM est indiqu\u00e9e en phase aigu\u00eb si les douleurs s\u2019aggravent progressivement, si une atteinte des jambes est observ\u00e9e ou si une d\u00e9formation de la colonne vert\u00e9brale est d\u00e9crite. Si les douleurs persistent&nbsp;plus de 3&nbsp;mois, une IRM sera&nbsp;pratiqu\u00e9e. Des s\u00e9ances de kin\u00e9sith\u00e9rapie peuvent \u00eatre prescrites, et des antalgiques plus forts \u00eatre propos\u00e9s mais pour une courte dur\u00e9e.&nbsp;Si les douleurs ne s\u2019att\u00e9nuent pas, le m\u00e9decin orientera son patient vers un rhuma\u00adtologue, un m\u00e9decin&nbsp;de m\u00e9decine physique et de r\u00e9adaptation ou une \u00e9quipe de r\u00e9\u00e9ducation.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"excerpt\">Le mal de dos est si fr\u00e9quent qu\u2019il est qualifi\u00e9 de \u00ab&nbsp;mal du si\u00e8cle&nbsp;\u00bb. Le plus souvent, la douleur dispara\u00eet spontan\u00e9ment en quelques jours ou quelques semaines. Mais, chez une minorit\u00e9 de personnes, elle persistera et \u00e9voluera vers la chronicit\u00e9. Cette installation de la douleur est li\u00e9e \u00e0 des fausses croyances et des craintes infond\u00e9es. Alors que le mouvement est&hellip;<\/p>\n<p class=\"more-link-p\"><a class=\"btn btn-default\" href=\"https:\/\/www.paramedical-brunard.com\/?p=315\">Read more<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-315","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-non-classe"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.paramedical-brunard.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/315","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.paramedical-brunard.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.paramedical-brunard.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.paramedical-brunard.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.paramedical-brunard.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=315"}],"version-history":[{"count":6,"href":"https:\/\/www.paramedical-brunard.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/315\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":324,"href":"https:\/\/www.paramedical-brunard.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/315\/revisions\/324"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.paramedical-brunard.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=315"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.paramedical-brunard.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=315"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.paramedical-brunard.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=315"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}